dimanche 11 avril 2021
"Les Jardins statuaires", Jacques Abeille, 2010
jeudi 1 avril 2021
"La Tête coupable", Romain Gary, 1968
"Cohn, qui ne s'appelait pas Cohn et n'était pas américain, rêvait de rivaliser d'insouciance cynique avec ces aventuriers espagnols du siècle d'or que l'on appelait picaros… […] C'était de joyeux profiteurs, sans foi ni scrupules, parasites du pouvoir sous toutes ses formes : rois, seigneurs, Église, bourgeois, gendarmes, armée. Cohn rêvait de les égaler, de retrouver cette veine vivifiante et saine d'insouciance et de rire moqueur. Malheureusement, malgré tous ses efforts, il ne parvenait pas à l'authenticité et se sentait un imposteur : il reconnaissait au fond de ses fourberies et de son tumulte intérieur un insupportable bêlement idéaliste. C'était bien la peine de fuir à Tahiti : il portait le poids du monde sur ses épaules partout où il allait et le poids était écrasant. "
mercredi 3 mars 2021
Le Film français
samedi 6 février 2021
Au Café (La Rotonde) 1914
Joueurs, tous - ou dessinateurs - le soir. La journée ils sont peintres-indépendants : cubistes, futuristes, extrémistes, pointillistes, chiméristes.
Celui-ci a un chapeau haut de forme ; cet autre, pas de chapeau du tout. C'est la foire aux langues : on parle à droite hollandais, à gauche allemand, en avant espagnol, en arrière anglo-américain.
*
Une femme de Rops, pâle, grande bouche barrant un nez long, fume sous un chapeau à brides.
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Mimi pinson joue aux échecs avec Rolla
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Une tête glabre d'empereur romain.
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Un "frisé du Montparno", casquette à carreaux et cravate rouge, se ballade les mains dans les poches, à la recherche de qui, de quoi ? Évitez de lui confier sa bourse.
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Oh le joli petit inverti, là-bas, dans le coin, avec sa figure de mignon souffreteux !
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Blondinette, un panier à salade renversé sur la tête, le nez en trompette, fait la moue. Qu'y a-t-il, chère enfant ?
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Une Egyptienne sortie de son sarcophage !
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Deux Américaines laides boivent des rivières de thé et fument inlassablement.
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Un long, long hidalgo. Sa très arrière-grand'mère à fait une politesse à un Maure.
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Une gazelle effarouchée, aux longs yeux, aspire par une paille un liquide opalescent. Puis elle parle avec volubilité.
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"Un Corse à cheveux plats" rêve, tête pâle "que des rêves d'artistes emplissent de merveilles". Il agite doucement une grenadine au kirsch.
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Quatre femmes seules ! Une Académie de femmes sans peintre.
*
De quelle steppe d'Asie vient donc cette Toungouse qui marche à grands pas, un bonnet de fourrure enfoncé jusqu'aux yeux ?
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Eh là, la fille au bonnet napolitain ; pourquoi es-tu si laide, avec des chairs flasques ee blêmes, pustulées ?
*
Vulcain "boiteux quant au pied" cherche une place introuvable à cette heure, tandis qu'un muletier andalou, à bottes courtes, chapeau à larges ailes, se penche sur l'épaule d'un clown muet.
*
Cette fille aux dents cassées se regarde dans la glace ;
*
Un tout jeune Wilhelm Meister, rose, joufflu, petits yeux, toujours riant, fait ses années d'apprentissage.
*
Petite négresse. Bonnet de foulard sur la tête d'où s'échappe une mousse noire de cheveux. Petit naseau fin sur une grosse bouche. Un air hardi et un corps souple, enveloppé dans un ample manteau. Elle fait une courte apparition, lance quelques mots au vol vers une table, et s'enfuit en riant.
Georges MATISSE
Publié, in Les Marges, tome XVIII, n°70, 15 février 1920.
mardi 2 février 2021
La Critique littéraire, artistique et musicale (II)
Mais la critique, appliquée aux œuvres du passé, est nécessairement
historique. Pour exercer sa double fonction, d'analyse et de jugement,
elle doit sans cesse faire appel à l'histoire. L'analyse des œuvres
n'est possible que si on les rattache à des traditions de style qui les
expliquent en partie, à une technique générale souvent très différente
de la nôtre. Une des tâche principales de la critique est de refaire en
quelque sorte l'œuvre avec l'auteur lui-même. Comment y parvenir si l'on
ne se met pas d'abord dans l'état d'esprit et dans les habitudes
artistiques du temps ? Quant aux jugements, ils doivent prendre
fréquemment la forme de comparaisons, marquer en quoi un artiste
continue ceux qui le précèdent, annonce ceux qui le suivent, ou se
distingue des uns ou des autres. Même les jugements qui prétendent
déterminer sans considération de temps la valeur en quelque sorte
absolue des œuvres d'art, ou du moins de ce qui reste en elles de vivant
pour nous, même ces jugements qui se donnent pour purement esthétiques,
gagnent à être éclairés, sinon toujours confirmés, par les témoignages
des contemporains.
Paul-Marie Masson, L'Opéra de Rameau, M. Laurens Editeur, 1930 ; "Préface", p. 1.
lundi 1 février 2021
La Critique littéraire, artistique et musicale (I)
Rien ne me paraît plus ridicule qu'un idéal en matière de critique.
Vouloir rapporter toutes les œuvres à une œuvre modèle, se demander si
tel livre remplit telles et telles conditions, est le comble de la
puérilité à mes yeux. Je ne puis comprendre cette rage de régenter les
tempéraments, de faire la leçon à l'esprit créateur. Une œuvre est
simplement une libre et haute manifestation d'une personnalité, et dès
lors je n'ai plus pour devoir que constater quelle est cette
personnalité. Qu'importe la foule ? J'ai là, entre les mains, un
individu ; je l'étudie pour lui-même, par curiosité scientifique. La
perfection à laquelle je tends est de donner à mes lecteurs l'anatomie
rigoureusement exacte du sujet qui m'a été soumis. Moi, j'aurai eu la
charge de pénétrer un organisme, de reconstruire un tempérament
d'artiste, d'analyser un cœur et une intelligence, selon ma nature ;
les lecteurs auront le droit d'admirer ou de blâmer selon la leur.
Émile Zola, "Germinie Lacerteux", in Le Salut public de Lyon, 23 Janvier 1865.
jeudi 8 octobre 2020
dimanche 23 septembre 2018
.... pour que le banal livre son secret
J. Rancière, L’inconscient esthétique, Galilée, Paris, 2001, p. 38.
lundi 3 septembre 2018
jeudi 26 juillet 2018
vendredi 6 juillet 2018
jeudi 5 juillet 2018
... comme c'est étrange...
mercredi 4 juillet 2018
lundi 2 juillet 2018
L'Intruse
dimanche 1 juillet 2018
Rêves
vendredi 8 juin 2018
Le Chat qui...
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Le chat qui connaissait Shakespeare, 10/18 n°2246
Le Chat qui connaissait un cardinal 10/18, n°2401
Le Chat qui déplaçait des montagnes, 10/18, n°2447
lundi 4 juin 2018
Karen Viggers, "La Mémoire des embruns"
Allégé de 200 ou 300 pages, débarrassé des scènes et des détails inutiles, le roman serait parfait, car il n’est pas mal écrit et possède un certain charme. Le problème n'est pas tant la longueur que le fait qu'une bonne partie de son contenu ne présente pas grand intérêt.
vendredi 11 mai 2018
Quand l'auteur se prend pour un de ses personnages...
Ayant inventé un personnage tout de bravoure et d'éclat, il a fini par se prendre pour lui et s'y est conformé jusqu'à la fin. C'est le personnage qui a appuyé sur la détente, non l'homme, et il faut prier pour l'homme.
Julien GREEN, La Bouteille à la mer - Journal 1972-1976, 1er octobre 1972.
dimanche 17 décembre 2017
L'Oeil dépoussiéré
mercredi 13 décembre 2017
"L'Enfer" de Clouzot
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Il mondo si è fermato per parlare d'amore.(*) Quand on commence à regarder cette série, on ne sait pas du to...
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"Il convient peut-être de nous fier aux rêves qui nous projettent au-delà de nos limites." Jacques ABEILLE, Les Barbares , 2011 ...
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Facture art déco et inspiration symboliste, l'œuvre est superbe. Il s'agit d'une gravure réalisée par Henry Chapro...








