jeudi 5 juillet 2018

... comme c'est étrange...

"...comme c'est étrange, il suffit qu'une idée noble et généreuse atteigne à la démesure pour qu'elle devienne aussitôt étroitesse d'esprit."
Romain Gary, Lady L.

lundi 2 juillet 2018

L'Intruse


"Les citoyens de l'Europe sont las de sentir à toute heure sur leur épaule la main d'une autorité qui se rend insupportable à force d'être toujours présente. Ils tolèrent encore que la loi leur parle au nom de l'intérêt public, mais lorsqu'elle entend prendre la défense de l'individu malgré lui et contre lui, lorsqu'elle régente sa vie intime, son mariage, son divorce, ses volontés dernières, ses lectures, ses spectacles, ses jeux et son costume, l'individu a le droit de demander à la loi pourquoi elle entre chez lui sans que personne l'ait invitée."
Pierre Louÿs, Le Roi Pausole.

dimanche 1 juillet 2018

Rêves

"Il convient peut-être de nous fier aux rêves qui nous projettent au-delà de nos limites."
Jacques ABEILLE, Les Barbares, 2011

vendredi 8 juin 2018

Le Chat qui...


Cette semaine, j'ai effectué une petite plongée dans la sympathique série du "Chat qui..." de Lilian Jackson Braun.
Elle met en scène Jim Qwilleran, un ancien journaliste devenu riche par héritage, et ses deux compagnons de vie, Kao K'o Kung, dit Koko, et Yom Yom, un couple de chats siamois. Leurs aventures se déroulent dans le nord des Etats-Unis, à Pickax, une  petite bourgade du comté de Moose, ou dans ses environs, mais la plupart du temps dans de petites villes de campagne ou dans des endroits perdus.
Les livres valent plus pour l'ambiance que pour les enquêtes elles-mêmes. Jim Qwilleran se contente de s'installer dans des habitations originales, de promener sa grosse moustache dans des lieux typiques, de jouer les philanthropes et de lire de bons bouquins. Le véritable enquêteur de l'histoire, c'est Koko.
On retrouve dans cette série tout ce qui fait le charme des enquêtes de la célèbre Miss Marple. C'est une lecture particulièrement addictive, parfaite pour les vacances.

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Le chat qui connaissait Shakespeare, 10/18 n°2246
Le Chat qui connaissait un cardinal 10/18, n°2401
Le Chat qui déplaçait des montagnes, 10/18, n°2447

lundi 4 juin 2018

Karen Viggers, "La Mémoire des embruns"


Mary, une femme âgée et malade, reçoit une mystérieuse lettre qui la bouleverse et lui fait avancer son départ pour Bruny, une île située au sud de la Tasmanie où autrefois elle a été l’épouse du gardien de phare (d’où le titre anglais, The Lightkeeper’s Wife). C’est sur un bout de côte sauvage, dans un cottage isolé, qu’elle veut renouer avec son passé et ses souvenirs en attendant la mort. Au programme, nostalgie et description des paysages…
Que c’est long ! Que c’est lent !
Je suis arrivée à la page 296, soit à peu près à la moitié, plus épuisée encore que la vieille Mary qui en est toujours à se demander ce qu’elle va faire de cette maudite lettre.
Allégé de 200 ou 300 pages, débarrassé des scènes et des détails inutiles, le roman serait parfait, car il n’est pas mal écrit et possède un certain charme. Le problème n'est pas tant la longueur que le fait qu'une bonne partie de son contenu ne présente pas grand intérêt.
C'est peu stimulant au point de vue intellectuel et donc assez rapidement ennuyeux.
Karen VIGGERS, La Mémoire des embruns, Le Livre de Poche, 2015, 571 p.

vendredi 11 mai 2018

Quand l'auteur se prend pour un de ses personnages...

... le dénouement est-il nécessairement tragique ?

Telle est la question qui m'est venue à l'esprit en lisant cette observation de Julien Green à propos du suicide de Montherlant :
Ayant inventé un personnage tout de bravoure et d'éclat, il a fini par se prendre pour lui et s'y est conformé jusqu'à la fin. C'est le personnage qui a appuyé sur la détente, non l'homme, et il faut prier pour l'homme.
Julien GREEN, La Bouteille à la mer - Journal 1972-1976, 1er octobre 1972.  
Cela m'a rappelé Mishima dont, dans un article consacré au film de Paul Schrader, j'analysais le suicide comme étant un geste littéraire qu'il est venu inscrire dans la réalité, faisant ainsi, par sa mort, se rejoindre sa vie et son œuvre.

dimanche 17 décembre 2017

L'Oeil dépoussiéré

Cette semaine j'ai effectué un raid dans ce lieu où pullule l'étiquette jaune fluo indécollable. Depuis un moment déjà j'évitais de m'y rendre car pour les personnes de peu de volonté dont je suis c'est un endroit de perdition. J'en reviens toujours avec trois tonnes de bouquins et de DVD sous chaque bras. Cela n'a pas manqué. J'ai opéré une razzia parmi les livres graphiques et rapporté, entre autres, ces trois ouvrages qui ont pour point commun de parer la littérature classique des atours de la BD : ce sont les volumes 1 & 2 du Canon graphique et Monsieur Bermutier de Marteen Vande Wiele.
Les deux volumes du Canon Graphique (il y en a trois en tout), publiés par les éditions Télémaque, présentent des extraits des grands classiques de la littérature mondiale illustrés ou revisités par tout ce que l'univers de la BD et de l'illustration compte de noms prestigieux. Ce sont de bons grands, gros bouquins comme on les aime, de beaux bébés de 450 à 500 pages. Les textes vont de l'Illiade à Baudelaire en passant par le Tao Te King, des contes indiens ou japonais et tout un tas de chef- d'œuvres aussi intéressants que disparates. Quant aux illustrations, tous les genres s'y côtoient. C'est une véritable invitation au voyage et au dépaysement, et à explorer les arcanes de la création et de la pensée humaine.
Monsieur Bermutier, publié chez Casterman, reprend quant à lui des nouvelles de Maupassant d'une manière très habile et dans un style qui ne manque pas de charme. Il se lit d'une traite.

Personne ne peut résister aux classiques quand ils se présentent sous ces traits-là. Ce grand dépoussiérage nous permet de réaliser à quel point ces textes sont intemporels et que ce n'est que le regard que nous portons habituellement sur eux qui les rejette dans le passé.
C'est notre œil qui est empoussiéré.

mercredi 13 décembre 2017

"L'Enfer" de Clouzot

Clouzot a peuplé son Enfer de quelques jolies créatures comme cette jeune femme sexy.
Peut-être est-ce parce que j'ai visionné le documentaire sur L'Enfer et le film de Visconti à quelques jours de distance, à moins que ce ne soit dû à l'attitude équivoque des deux personnages ou au fait que tous deux portent un costume de matelot, mais la vue de ce cliché me fait penser au Tadzio de La Mort à Venise.
Sujet d'étude : du rôle ambigu du costume marin au cinéma et dans la littérature.

dimanche 29 octobre 2017

Exil

Pour la première fois il se représentait la solitude du chef non plus comme l’isolement du sommet mais comme un exil loin de la vérité.

Jacques Abeille, Le Veilleur du jour.

mardi 20 juin 2017

Jaloo - Insight


L'artiste qui m'a donné envie de renouer avec la MPB (Musique Populaire Brésilienne) que j'avais un peu perdue de vue et d'ouïe ces dernières années.

 

mercredi 7 juin 2017

"What to draw and how to draw it", E. G. Lutz, 1913

Trouvé par hasard, en cherchant de vieux livres, cet opuscule réjouissant publié en 1913 aux États-Unis, et qui vous enseignera "Quoi dessiner et comment le dessiner". J'adore ce genre de concept. C'est bien pensé, ludique et cela a dû, depuis un siècle, amuser des tripotées d'enfants passionnés de dessin.
Voici un exemple de planche.

Je ne l'ai pas choisie au hasard. Elle m'a rappelé de vieux souvenirs, car j'ai commencé ma vie "d'artiste" en reproduisant inlassablement un modèle proche du "C". Je m'étais spécialisée dans la production de poissons, que je barbouillais de diverses couleurs. Je devais avoir deux ou trois ans, et j'imagine que c'est ma mère qui m'avait enseigné comment faire. Quel dommage qu'elle n'ait pas eu ce genre de bouquin sous la main! J'aurais peut-être eu une chance d'échapper à ce délire pisciforme.

Vous trouverez le livre sur le site archive. org

 

lundi 24 avril 2017

"The Young Pope", Paolo Sorrentino, 2016

 
Il mondo si è fermato per parlare d'amore.(*)
 

Quand on commence à regarder cette série, on ne sait pas du tout à quoi s'attendre, et c'est un sentiment qui perdure jusqu'à la dernière minute.
Le scénario est bluffant, la réalisation magistrale. C'est beau. Subtile. On n'est plus habitué à tant de beauté et d'intelligence.
Sorrentino est un génie.
 
(*) - Le monde s'est arrêté pour parler d'amour.

 

dimanche 9 avril 2017

L'Homonyme



Parmi les fléaux d'internet, arrivant en troisième position derrière le troll et l'ex qui publie tes photos intimes pour te pourrir la vie, il y a ton homonyme.

L'homonyme, c'est le gars ou la fille que tu n'as jamais rencontré (e), mais qui par malchance porte le même nom et le même prénom que toi. Si tu te croyais unique, c'est râpé, mais ce n'est pas le pire : alors que tu as toujours fait très attention à ton image virtuelle afin de véhiculer des valeurs compatibles avec tes objectifs professionnels, l'homonyme, lui, ne s'est jamais embarrassé de ce genre de détails. Il vit sa vie et la partage généreusement avec son entourage via les réseaux sociaux, si bien que quand on tape ton nom à toi dans un moteur de recherches, le premier visage qui apparaît c'est le sien. Il n'est pas mal. Il sourit. Normal, il est en pleine teuf, le verre à la main. C'est un bambocheur ! Soyons honnêtes, il ne fait pas que cela. Il bronze sur la plage, tire la langue, joue à des jeux idiots, écoute de la musique ringarde.. Et il est plutôt courageux, car il trimballe son pack de bière jusque sur les pistes de ski... En le voyant s'épanouir sur la toile, tu as la curieuse sensation que toutes ses occupations n'ont qu'un seul objectif : ruiner ta crédibilité auprès de clients et d'employeurs potentiels. Et c'est bien le problème. Il abîme ton image seulement auprès de personnes qui ne te connaissent pas et qui ne vont pas aller faire de recherches poussées pour savoir si tu es bien le joyeux luron de la photo : ils viennent justement d'en voir assez pour ne pas avoir envie d'approfondir.

Le mal est sans remède. L'homonyme ne fait rien de répréhensible et il semble même très sympa. Il serait probablement ravi de trinquer avec toi s'il te croisait sur la poudreuse.

mardi 1 novembre 2016

Au Gré de mes explorations...

Au gré de mes explorations culturelles...
Quel titre donner à ce genre de recueil ? Après avoir longuement cherché, je suis revenue à ce mot que j'ai déjà employé dans d'autres contextes : "exotomanie". La culture n'est-elle pas un voyage, et chaque œuvre un continent étrange qui demande à être exploré ?

lundi 31 octobre 2016

Joyeux Halloween !


Même si Halloween ne fait guère partie des traditions locales, cette fête offre au moins le grand avantage de me permettre de mettre en avant quelques clichés difficilement exploitables en temps normal.
Il s'agit de l'une des marionnettes confectionnées par Maurice Sand, le fils de la grande George, et qui sont exposées dans la propriété familiale de Nohant.
Plusieurs œuvres de Maurice sont disponibles sur le site Gallica, notamment  Le Théâtre des marionnettes dont une des pièces s'intitule "Balandard aux Enfers". J'imagine bien cet inquiétant personnage hantant un endroit de ce genre.

 

samedi 30 avril 2016

Du monde dans "Tout-Monde"

Photo trouvée.

Cette fois, dans Tout-Monde d'Edouard Glissant, marquant la page 29, chapitre BANIANS.
Cette grande photo représente deux hommes devant un vaste panorama.

Sur la gauche de la photo, un homme jeune, début de trentaine peut-être, le visage en gros plan, de trois quart. Il a le cheveu court, ondulé, châtain, coiffé en arrière. Il porte une chemise rose déboutonnée. Il ne regarde pas l'objectif, mais quelque chose qui se trouve plus loin, sur la droite, derrière le photographe.

L'homme de droite est plus âgé. Ses cheveux sont gris. Il porte une chemisette dont les rayures se croisent et forment des quadrillages. Elle sont bleu gris, brun rouge, et beiges sur fond blanc. Il regarde le paysage qui s'étale en contrebas. C'est une campagne verdoyante, mais qui s'estompe progressivement dans une sorte de brume bleutée. On devine des bocages, des forêts, quelques petits reliefs, des rubans plus blancs, irréguliers, qui figurent probablement des chemins ou des routes. Aucune construction. Rien qui puisse permettre d'identifier la région en question. Le ciel est blanc.

Sans lieu ni temps, ce cliché pourrait avoir été oublié dans le livre la semaine dernière ou vingt ans plus tôt. Pas avant 1993, en tout cas, car c'est la date de l'édition. J'ai altéré la photo afin que ces personnes ne soient pas directement reconnaissables, car j'imagine qu'il leur serait désagréable de se retrouver, par hasard, affichées sur le blog (si confidentiel soit-il) d'une inconnue.